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Coupe du monde : la victoire sans le style pour l'Allemagne contre l'Espagne

Parfois dominées par l'Espagne, les Allemandes s'en sont sorties en misant sur le combat et la puissance (1-0). Loin de leur image de prétendantes au titre.

Les Allemandes célèbrent leur but (Däbritz, 42e), mercredi face à l'Espagne (1-0). (S. Mantey/L'Equipe)

Coupe du monde : la victoire sans le style pour l'Allemagne contre l'Espagne

Parfois dominées par l'Espagne, les Allemandes s'en sont sorties en misant sur le combat et la puissance (1-0). Loin de leur image de prétendantes au titre.

Martina Voss-Tecklenburg a appelé tout le monde : les titulaires, les remplaçantes, ses adjoints, les kinés. La sélectionneuse a réuni toute l'Allemagne sur la pelouse, après la victoire sur l'Espagne (1-0), pour former une ronde qu'on voit plutôt avant un match, histoire de faire monter la motivation. Là, c'était après, mais les doubles championnes du monde semblaient avoir besoin d'une petite réunion de bureau pour savoir qui elles étaient.

Toujours des favorites du tournoi ? Les six points récoltés en deux matches, après leur première victoire contre la Chine (1-0) samedi, disent plutôt que oui. La première place du groupe qui leur tend les bras aussi. Mais les souffrances que rencontrent les Allemandes dans le jeu depuis une semaine, et encore mercredi face à des Espagnoles beaucoup plus joueuses qu'elles, s'accommodent mal de leur statut de prétendantes au titre.

Dans les discours d'après-match, d'ailleurs, personne ne se voilait la face. «Ce n'était pas un beau football, convenait la milieu Melanie Leupolz. C'était plus un football laborieux, avec beaucoup d'efforts collectifs.» Sa sélectionneuse y a vu «une performance à l'énergie et à la passion. Nous avons eu beaucoup de chance en début de match car nous n'étions pas dedans».

«Il a fallu tout le temps se battre» - Sara Däbritz, la milieu de l'Allemagne

Concrètement, les championnes olympiques ont affiché de sérieuses difficultés avec le ballon et, face à des Espagnoles qui auraient pu ouvrir le score au bout du premier quart d'heure si Garcia n'avait pas manqué sa frappe seule face à Schult (15e), l'affaire aurait pu mal tourner. Le positif, c'est qu'elles savent parfaitement compenser ce qui leur manque. Sans Dzsenifer Marozsan, absente pour le premier tour en raison d'une fracture à un orteil, le jeu de passes et la créativité font défaut ? Elles prennent alors l'option de la puissance au milieu de terrain, des duels gagnés et des transitions rapides vers l'avant pour trouver une attaquante qui file au but.

Que l'Allemagne ait marqué sur un tacle résume bien l'ensemble (42e). Lancée par Gwinn, Huth a centré pour Popp dont la tête a été mal repoussée par la gardienne Sandra Panos. Au second poteau, Sara Däbritz s'est jetée les pieds en avant pour passer devant Torrejon, qui avait pourtant deux mètres d'avance. À la volonté. «Nous n'avons pas trouvé notre jeu et les Espagnoles jouaient bien en trouvant des espaces, racontait la buteuse. Aujourd'hui, il a fallu tout le temps se battre.»

Le tournoi avance et les Allemandes semblent délaisser leur projet de jeu audacieux, qui était pourtant le plan initial. Cela donne de petits matches, bien moins impressionnants que ceux des États-Unis ou de la France, et un statut de favorites qui peut paraître fragile. Mais cela suffira sans doute pour se retrouver en huitièmes de finale, et Voss-Tecklenburg imagine déjà une autre histoire débuter. «La pression est là, il faut la digérer, pense la sélectionneuse. À chaque fois, nous avons plus de sécurité dans notre jeu.» Et Marozsan finira peut-être par revenir...

publié le 13 juin 2019 à 00h20
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