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France-Norvège : le double visage de Valérie Gauvin

Après avoir raté sa première période, l'attaquante est revenue déterminée du vestiaire, mercredi, contre la Norvège (2-1).

46e minute : Valérie Gauvin ouvre le score d'une reprise du gauche sur un centre de sa coéquipière Amel Majri. (P. Lahalle/L'Equipe)

France-Norvège : le double visage de Valérie Gauvin

Après avoir raté sa première période, l'attaquante est revenue déterminée du vestiaire, mercredi, contre la Norvège (2-1).

Pour quelqu'un qui savait que son droit à l'erreur était quasi inexistant, Valérie Gauvin a senti le vent du boulet mais a su réagir avec caractère, mercredi. Privée de onze de départ vendredi, contre la Corée du Sud (4-0), pour deux retards - mais auteure d'une bonne entrée -, la Réunionnaise a eu droit à une deuxième chance. Corinne Diacre l'avait toujours soutenue avant la Coupe du monde et se voyait mal la laisser sur le banc une deuxième fois. Même si elle avait annoncé le contraire en conférence de presse, la veille, en expliquant vouloir reconduire la même composition.

De retour à sa place de titulaire en pointe, Gauvin (23 ans) n'a rien changé à ses habitudes lors de la reconnaissance, en filant vers les deux buts avec sa grande copine Pauline Peyraud-Magnin, l'une des gardiennes remplaçantes. Mais après ses yeux rougis du Parc des Princes, son regard était cette fois rempli de détermination. Orgueilleuse, la Montpelliéraine a peut-être voulu trop en mettre dans son entame de match. Elle a d'abord été bien secouée par la défense norvégienne et a eu du mal à exister, même si elle n'a jamais rechigné à aller au combat, notamment sur corner pour gêner la gardienne Ingrid Hjelmseth.

Quand elle a pris un coup à la cheville gauche à la 21e minute, elle a boité plusieurs minutes, mais sa grimace rageuse disait tout de son envie de ne quitter le terrain sous aucun prétexte. Gauvin a couru beaucoup et partout jusqu'à la mi-temps, souvent pour rien. Elle a manqué de lucidité sur un centre en retrait de Diani (24e), a parfois dépassé son marquage mais sans réussite (31e). «On ne peut pas marquer sur toutes les occasions», a-t-elle confié. Remontée par les mots de Corinne Diacre, elle a changé de visage dès son retour du vestiaire, en décochant une reprise du gauche parfaite sur un centre de Majri, pour ouvrir le score en résistant à Thorisdottir (46e).

«Il ne faut pas qu'elle s'arrête là» - Corinne Diacre, la sélectionneuse

Sa joie, mi-libératrice mi-interloquée, en fonçant vers le banc pour être engloutie par ses partenaires, a fait plaisir à voir. Derrière, celle qui avait presque tout raté dans les quarante-cinq premières minutes a quasiment tout bien fait. Elle a été au centre d'un jeu à trois avec Le Sommer et Majri avant de placer une tête hors cadre (53e), opportuniste mais trop prudente sur un ballon à l'entrée de la surface (57e), et puissante sur une ouverture d'Henry mais stoppée par Hjelmseth (59e). «Elle a répondu présente», résumait Eugénie Le Sommer. Ovationnée par le stade de Nice alors qu'elle était vidée de son énergie à sa sortie, à la 85e minute, Gauvin a reçu une poignée de main chaleureuse de Diacre et du staff, qui s'étaient appliqués à lui remettre la tête à l'endroit ces derniers jours. «Elle a fait son job, a commenté la sélectionneuse. Elle avait à coeur de montrer qu'elle pouvait apporter à cette équipe, il ne faut pas qu'elle s'arrête là.»

Durant le tour d'honneur, Gauvin s'est contenue mais a pris le temps d'échanger avec ses proches avant de passer devant la presse pour honorer son titre de joueuse de la rencontre : «Je donne toujours le meilleur de moi-même, depuis que je suis toute petite j'ai toujours eu une force mentale.» Sa Coupe du monde est enfin lancée, alors qu'elle est devenue, à 23 ans et 11 jours, la plus jeune buteuse française en Coupe du monde, suppléant Marie-Laure Delie, après lui avoir succédé dans le rôle de pivot.

publié le 13 juin 2019 à 00h49 mis à jour le 13 juin 2019 à 00h54
commentaires (56)
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quessaco 13 juin 2019

Malgré son but important je ne l'ai pas trouvée très inspirée sur le terrain, régulièrement prise de vitesse par les défenseuses norvégiennes et perdant beaucoup de ballons d'attaque . Je lui préfère Diani avec Cascarino à droite .

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